Qu’il s’agisse d’une course par étapes ou d’une épreuve d’un jour, une compétition cycliste représente pour tous les participants une charge physique extrême. David Loosli, ancien professionnel et aujourd’hui directeur sportif du Tour de Suisse, sait par expérience comment les cyclistes poussent leur corps à la performance maximale. Originaire de Berne, il a lui-même été coureur professionnel. Il a non seulement participé à plusieurs Tours de Suisse, mais a aussi disputé huit Grands Tours en France, en Italie et en Espagne.

Pour gagner, tout se planifie dans les moindres détails

Sa course la plus difficile reste son premier Tour de France. « Dès ma première année professionnelle, mon équipe m’a sélectionné au dernier moment », se souvient-il. « C’était brutal, mais aussi une expérience incroyable d’entrer sur les Champs-Élysées après trois semaines de course. »

Pour atteindre cet objectif, une préparation minutieuse est indispensable. « Les coureurs planifient leur saison avec leur équipe », explique David Loosli. « Ils définissent deux ou trois grands objectifs annuels pour lesquels ils veulent être au sommet de leur forme. » Un coureur qui vise par exemple la victoire au Tour de Suisse suit donc un programme d’entraînement ciblé afin d’être au meilleur niveau le jour J, en l’occurrence en juin.

David Loosli a lui-même été coureur cycliste professionnel. Aujourd’hui, il est directeur sportif du Tour de Suisse.

La performance mesurée en watts

Mais comment mesurer et comparer ces performances ? La valeur clé en cyclisme est la puissance en watts (voir encadré). « C’est un peu comme les chevaux d’une voiture », explique David Loosli. « Chacun sait combien de watts il peut produire en pleine forme. » Alors qu’un cycliste amateur correctement entraîné développe entre 3 et 4 watts par kilogramme de poids corporel sur une heure, les professionnels atteignent 5 à 6 watts par kilogramme.

Les meilleurs coureurs gardent généralement leurs chiffres exacts comme des secrets d’État. Car, comme pour une voiture plus puissante qui roule plus vite, la logique s’applique aussi au cyclisme : plus on développe de puissance, plus on va vite. Du moins en théorie. En pratique, des facteurs comme la tactique, la technique de pilotage ou la réussite en course jouent également un rôle déterminant.

8 000 à 10 000 calories par course

Pour produire de telles performances, l’apport énergétique est évidemment essentiel. Si l’alimentation est équilibrée durant la phase de préparation, il s’agit en course d’absorber un maximum de calories. « On mange en permanence pendant l’effort », confirme David Loosli. Rien d’étonnant, puisque le corps peut nécessiter entre 8 000 et 10 000 calories lors d’une grande course.

La quantité et le moment des apports alimentaires et hydriques sont définis par un plan nutritionnel précis. Toutefois, manger sur le vélo n’a rien d’un plaisir, selon Loosli. « L’intensité de l’effort est telle que la sensation de faim disparaît presque. » À cela s’ajoute le fait que les coureurs consomment souvent des aliments sous forme de gels énergétiques, pas toujours très appétissants.

Mais même avec une alimentation et un entraînement optimaux, une course cycliste reste une épreuve extrême, surtout lorsqu’elle s’étend sur plusieurs jours ou semaines. C’est pourquoi, au-delà de la nutrition et de l’entraînement, un élément reste indispensable pour fournir l’énergie nécessaire : un repos et une récupération suffisants.

Plan nutritionnel élaboré : pendant la course, le corps a besoin de beaucoup d’énergie – le plus souvent sous forme de gels énergétiques. Photo : Buchli Fotografie